MéDA38, pour Médecine et Droit d’Asile 38 est une association Loi 1901 qui a été fondée en mars 2022. Elle s’appuie sur l’expérience d’une association créée en janvier 2016 à Lyon et qui lui a donné le nom.
Son but est de recevoir les demandeurs d’asile dont la demande a été rejetée par l’OFPRA, afin d’établir et de leur remettre un certificat médical, constatant des antécédents de traitements cruels, inhumains ou dégradants d’une part, des séquelles physiques ou psychiques d’autre part et enfin une vulnérabilité particulière. Le document, rédigé par un médecin, est destiné au demandeur d’asile, charge à lui de le transmettre à l’avocat qui va défendre son dossier devant la CNDA.
Parmi les autres fonctions de notre association :
- recueillir et diffuser les informations et documents concernant le droit d’asile
- participer à la formation des professionnels de santé pour la prise en charge des exilés
- dépister les indices de souffrance psychique pour proposer un suivi psychologique
- favoriser l’accès aux soins des exilés.
Notre équipe de médecins bénévoles s’appuie sur le Protocole d’Istanbul qui est un manuel destiné à enquêter efficacement sur torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants, adopté par l’Assemblée Générale des Nations Unies le 9 août 1999.
Nous sommes 9 médecins, retraités ou non.
Nous avons déménagé pour nous installer dans les locaux du lycée Jean Jaurès, 5 rue de l’ancien champ de mars à Grenoble, début décembre 2022, grâce à l’appui de la municipalité.
Cette activité médicale ne pouvait se concevoir sans la participation de tous les bénévoles qui œuvrent à l’accueil, sans un partenariat étroit avec MéDA Lyon et étroit avec les principales structures d’hébergement et d’aide aux demandeurs d’asile.
Nous bénéficions de l’accès au logiciel et au site de MéDA Lyon, AGORA, qui nous a permis d’être d’emblée opérationnels dans la gestion des RDV et l’archivage des dossiers.
Les personnes que nous sommes amenées à voir n’ont jamais eu l’occasion d’être examinées dans le cadre des sévices qu’ils ont vécus dans leur pays ou au cours de leur parcours. L’occasion leur est donnée de pouvoir enfin s’exprimer.
Nous devons nous atteler à un vrai travail d’expertise : attester de ce qui n’est pas visible, de ce qui est caché, volontairement ou non.
Nous devons faire preuve à la fois de compassion et de discrétion. Surtout garder notre capacité de nous révolter devant tant de cruauté, de violence gratuite.
Nous devons rester à la fois humains mais aussi professionnels pour délivrer une information la plus objective possible à la justice.
Nous devons rester conscients que de la pertinence de notre avis dépendra en partie la décision d’un juge et le devenir d’un être humain.
Chaque rencontre permet de saisir l’insaisissable. Ce qui ne transparaît pas au premier abord. Ce que la relation de confiance qui s’établit permet de soulever, de démasquer. Un poids, une charge intense cachée au plus profond de l’être. Qui va d’un moment à l’autre se dévoiler. Un abcès jusque-là invisible qui marque une souffrance profonde et durable.
Tous nos sens sont en alerte pour dépister cette petite grimace, ces yeux qui s’emplissent de larmes, parfois cet abandon total, comme si tout lâchait d’un coup. A la fois être proche, mais aussi garder de la distance pour proposer un soutien le plus adapté possible à cette personne en détresse : c’est le deuxième volet de notre activité.
Pour cela, nous devons définir de véritables parcours de soin et établir des relations de partenariat avec :
- des psychologues,
- des équipes médicales comme la PASS Psy,
- des dispositifs de santé mentale des exilés.
Nous avons intégré dans notre équipe une psychologue qui intervient à titre de conseil mais aussi de soutien de l’équipe médicale et des accueillants.
Troisième volet, enfin : une activité de formation des médecins et des accueillants.
Voilà ce qui fait la vie de notre association.
Notre priorité : le demandeur d’asile. Il est une richesse à découvrir. Il nous fait nous-mêmes nous découvrir. Il cimente notre équipe, faite de bénévoles admirables et au diapason de notre projet commun.
Statistiques 2024
318 certificats médicaux en 2024 (267 en 2023 ; 148 en 2022)
Pour chaque certificat, un codage est réalisé, ce qui permet les statistiques ci-dessous. Pour le sexe et la nationalité, un seul code. Pour les autres items, 3 codes maximum. Lorsqu’il n’y a pas de différence sensible entre les hommes et les femmes, seuls les résultats globaux sont présentés.
Sexe : H/F 50%/50% (62%/38% en 22 – 55%/45% en 23)
Nationalités : 96 % originaires du continent africain (% de nationaux supérieurs à 10% du total : Guinée 29%, République Démocratique du Congo 16%, Côte d’Ivoire 11%) 44 pays d’origine dont 17 non africains.
Causes de l’exil
Contexte des violences
Types de cicatrices
Symptômes psychiques
ESPT : Etat (Trouble) de Stress Post-Traumatique
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et
soutiennent 
